google.com, pub-4611656155510097 , DIRECT, f08c47fec0942fa0 LA BIENHEUREUSE ANUARITE ET LES CONSEILS EVANGELIQUES ANUARITE ET SON HISTOIRE

LA BIENHEUREUSE ANUARITE ET LES CONSEILS EVANGELIQUES ANUARITE ET SON HISTOIRE

December 5, 2017

L’enfance
Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta est Née le 29 décembre 1939, à Bedegao à 10 km de Wamba. Wamba, grand Centre de l’époque en pleine forêt. C’est dans la Province Orientale. Elle est arrivée en quatrième position après trois grandes sœurs. Elle est issue des parents responsables. Sa mère Isude Julienne était une très bonne femme de ménage a su prendre en charge ses enfants et son père Amisi Batshuru, chauffeur de son état, était très actif. En 1940, il s'enrôla dans le corps expéditionnaire qui opéra entre autre en Palestine. De là il envoya une lettre à sa femme en l’invitant à recevoir le baptême avec les enfants, qu’elles reçurent le 17 juillet 1943. La maman s’appela Julienne et les filles : Bernadette, Suzanne, Léontine et Alphonsine.

 

Vie consacrée
Anuarite était une fille très déterminée. Dans son cœur grandissait un désir ardent à la vie consacrée. Mais sa mère s’y opposait. C’est en 1956, losrqu’elle accomplit 16 ans qu’elle se glissa dans le camion qui emmenait les aspirantes au probandat de la Congrégation des Sœurs de la Sainte Famille. C’est de là qu’elle demanda son admission à Bafwabaka. 
En 1957 elle est admise au noviciat, sous le nom de Marie-Clémentine. Le 5 août 1959 fut sa première profession, et renouvellera ses vœux temporaires jusqu'à sa mort. Notre Bienheureuse avait donc quatre noms : Nengapeta (son nom propre, mais vite oublié), Alphonsine (son nom de baptême), Anuarite (son nom de l'école, qui deviendra son nom officiel toute sa vie), et Marie-Clémentine (son nom de religieuse au sein de la Congrégation des Sœurs de la Sainte Famille). 
Sa mort
(Textes complets du Sanctuaire National Bienheureuses ANUARITE)
Lorsqu'éclate la rébellion des Simbas, en 1964, Anuarite vit avec ses Sœurs au couvent de Bafwabaka. C'est là que les rebelles les trouvent, le 29 novembre, quelques jours seulement après l'assassinat de Mgr Joseph Wittebols et de tous les prêtres belges, à Wamba (26 novembre 1964). Toutes les Sœurs (18 professes, 9 novices et 7 postulantes) sont emmenées à bord d'un camion, soi-disant pour les mettre en lieu sûr, à Wamba. Mais, le lendemain, après la rencontre avec le colonel Ngalo à Vube, le programme change, et le camion prend la route d'Isiro.
Arrivées à Isiro le 30 novembre après 18h, les Sœurs sont emmenées d'abord à la villa où résidaient les chefs rebelles. C'est là que les événements dramatiques se précipitèrent. Le colonel Ngalo, chef des rebelles d’Isiro, avait jeté son dévolu sur Sr. Anuarite, qu'il voulait prendre pour femme. Refus de cette dernière, ce qui le mit en rage. Comme les autres Sœurs avaient été transportées à la Maison Bleue, le colonel Olombe, un autre chef rebelle, y emmena également Anuarite.
Après le repas, il la fit sortir à l'extérieur pour la conduire à Ngalo, mais sans plus de succès. Il voulut présenter à Anuarite les avantages de devenir la femme du grand chef des rebelles, mais elle lui répondit qu’elle était fiancée à Jésus pour qui elle devait se garder entièrement. Dans un accès de colère, il la frappa avec la crosse de son fusil, en plein front. Se redressant, Anuarite s'écria avec joie : "C'est ça que je voulais ! C'est ça que je voulais !". Voyant qu'elle avait une force qu'il ne maîtrisait pas (et qu'il imputait à une autre sorcellerie que la sienne), il se mit à la frapper plus violemment avec une colère grandissante. Enfin, Anuarite tomba au sol en lui déclarant : "Je te pardonne parce que tu ne sais pas ce que tu fais". Pris d'une peur quasi mystique devant ce qu'il croyait être la manifestation d'un fétiche plus puissant, Olombe appela deux gardes du corps à son secours. L'un d'eux avait un long couteau, une baïonnette. Olombe lui ordonna de frapper Anuarite au flanc. Le soldat la transperça plusieurs fois, Anuarite gémit : "Hou ! Hou !" Pour l'achever, Olombe prit son révolver et tira sur elle; il l'atteignit au bras gauche et lui broya l'humérus.
Olombe entra alors dans la maison ivre de colère et dit aux sœurs : "Je l'ai tuée, comme elle l'a voulu. Venez chercher son corps". Quatre Sœurs sortirent et transportèrent la Sr Anuarite, qui était dans le coma, dans la chambre qu'on appelle aujourd'hui l'oratoire. C'est là qu'elle rendit son âme à Dieu. C'était le 1er décembre 1964, à 1h05 du matin.
Le cadavre fut enveloppé dans un pagne et transporté jusqu'au cimetière de Dingilipi où on l'enterra à côté de la fosse commune. C'est là qu'on le retrouva lors de la première exhumation, sept mois plus tard, et on put alors lui offrir une sépulture plus digne au cimetière de Kinkole (16 juillet 1965).
Depuis le premier décembre 1978 elle repose dans un caveau de la cathédrale.
Anuarite n'était pas spécialement brillante, son intelligence était limitée; mais elle brillait par ses qualités : sa bonne humeur habituelle, sa serviabilité, sa simplicité et sa vivacité. La devise qu'elle a choisie résume sa vie aussi bien spirituelle que communautaire : servir et faire plaisir. Servir Jésus et chercher toujours à lui plaire, mais aussi servir ses Sœurs et leur faire plaisir, et au-delà servir toute personne comme un frère, une sœur en Christ.
ANUARITE ET LES CONSEILS EVANGELIQUES
Conseils évangéliques quid ?
Les conseils évangéliques appelés aussi vertus évangéliques sont la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Ils  sont un code pour vivre la vie de Jésus lui-même pour les chrétiens. Je dirai que c’est une voie pour les chrétiens qui rapproche à la vie vécue par Jésus. Si tout chrétien est appelé à vivre et faire grandir ses vertus pour se mettre à la suite du Christ. (OCDS, Programme de formation initiale, Fiche A-2-1 Pauvreté, chasteté, obéissance, Page 34-35). Tout chrétien est appelé à se sanctifier par la pratique de ces conseils. 
Cependant il y a une catégorie de chrétiens qui en font les vœux pour vivre à fond ces conseils. C’est les religieux et religieuses. Ils les vivent selon l’ordre les règles de chaque congrégation. Ce qui n’est pas le cas pour les séculiers. Ceux-ci ne font pas de vœux en théorie. Ils promettent plutôt l’obéissance à l’évêque. Même si les séculiers ne font aucun vœux, chaque consacré est appelé à les vivre selon la recommandation de l’amour du Christ. Car ces vertus sont pour tous les chrétiens. Recourons ici au Décret sur la Rénovation et l’'Adaptation de la Vie Religieuse PERFECTAE CARITATE de Paul VI de 1965. 
 La chasteté 
La chasteté « pour le Royaume des cieux » (Mt 19, 12), dont les religieux font profession, doit être regardée comme un don éminent de la grâce. Elle libère singulièrement le cœur de l’homme (cf. 1 Co 7, 32-35) pour qu’il brûle de l’amour de Dieu et de tous les hommes ; c’est pourquoi elle est un signe particulier des biens célestes, ainsi qu’un moyen très efficace pour les religieux de se consacrer sans réserve au service divin et aux œuvres de l’apostolat. Ils évoquent ainsi aux yeux de tous les fidèles cette admirable union établie par Dieu et qui doit être pleinement manifestée dans le siècle futur, par laquelle l’Église a le Christ comme unique époux…Étant donné que l’observance de la continence parfaite touche intimement des inclinations particulièrement profondes de la nature humaine, les candidats à la profession de la chasteté ne doivent s’y décider ou y être admis qu’après une probation vraiment suffisante et s’ils ont la maturité psychologique et affective nécessaires. On ne se contentera pas de les prévenir des dangers qui menacent cette vertu, mais on les formera de manière qu’ils assument le célibat consacré à Dieu comme un bien qui contribue au développement intégral de leur personnalité (PC 12)

La pauvreté 
La pauvreté volontaire en vue de suivre le Christ, ce dont elle est un signe particulièrement mis en valeur de nos jours, doit être pratiquée soigneusement par les religieux et même, au besoin, s’exprimer sous des formes nouvelles. Par elle, on devient participant de la pauvreté du Christ qui s’est fait pauvre à cause de nous, alors qu’il était riche, afin de nous enrichir par son dépouillement (cf. 2 Co 8, 9 ; Mt 8, 20)…Que chacun d’eux, dans sa tâche, se sente astreint à la loi commune du travail et, tout en se procurant ainsi le nécessaire pour leur entretien et leurs œuvres, qu’ils rejettent tout souci excessif et se confient à la providence du Père des cieux (cf. Mt 6, 25)… Et le décret ajoute ce qui suit pour, bien que les instituts, sauf dispositions contraires des règles et constitutions, aient le droit de posséder tout ce qui est nécessaire à la vie matérielle et aux œuvres, ils doivent néanmoins éviter tout luxe, tout gain immodéré ou cumul de biens(PC 13). Et à ce sujet, les écritures nous disent : Tu ne commettras pas de vol (Ex 20, 15 ; Dt 5, 19 ; Mt 19, 18). Et le CEC en son article sept sur le 7ème commandement au numéro 2401 déclare : Le septième commandement défend de prendre ou de retenir le bien du prochain injustement et de faire du tort au prochain en ses biens de quelque manière que ce soit. Il prescrit la justice et la charité dans la gestion des biens terrestres et des fruits du travail des hommes. Il demande en vue du bien commun le respect de la destination universelle des biens et du droit de propriété privée. La vie chrétienne s’efforce d’ordonner à Dieu et à la charité fraternelle les biens de ce monde.

 L’obéissance 
Par la profession d’obéissance, les religieux font l’offrande totale de leur propre volonté, comme un sacrifice d’eux-mêmes à Dieu, et par là ils s’unissent plus fermement et plus sûrement à sa volonté de salut. À l’exemple de Jésus Christ qui est venu pour faire la volonté du Père (cf. Jn 4, 34 ; 5, 30 ; He 10, 7 ; Ps 39, 9) et qui « prenant la forme d’esclave » (Ph 2, 7) a appris en souffrant l’obéissance (cf. He 5, 8), les religieux, sous la motion de l’Esprit Saint se soumettent dans la foi à leurs supérieurs, qui sont les représentants de Dieu, et ils sont guidés par eux au service de tous leurs frères dans le Christ comme le Christ lui-même qui, à cause de sa soumission au Père, s’est fait serviteur de ses frères et a donné sa vie en rançon pour la multitude (cf. Mt 20, 28 ; Jn 10, 14-18). Ils sont liés ainsi plus étroitement au service de l’Église et tendent à parvenir à la mesure de la plénitude de l’âge du Christ (cf. Ep 4, 13) (PC 14). Comme nous l’avons déjà signifié, la vraie figure de cette vertu c’est Jésus lui-même. Il déclare en Jn 6,38 « Je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. », et Saint Paul nous fait remarqué en parlant de lui, le décrit en ces termes : « Obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort sur une croix »(Ph 2,8)
b. Les conseils évangéliques vécus par Anuarite
Notre Bienheureuse a su bien combiné sa vie de simple paysanne aux exigences de l’Evangile. Nous avons retenu dans ce point différents témoignages de sa vie par ses consœurs et de son carnet intime. C’est après sa mort qu’on a retrouvé son petit carnet où elle mentionnait toutes sortes de choses, des recettes de cuisine ou des jeux pour les enfants, mais aussi des notes de retraite.
Anuarite et l’obéissance
C’est dans son carnet qu’on voit les remarques sur l’obéissance. L'obéissance aux supérieures était apparemment une difficulté pour Anuarite, mais aussi le point sur lequel elle faisait le plus attention comme le note l’article du Sanctuaire National de la Bienheureuse. Ainsi nous pouvons lire dans son carnet : Si je parviens à observer mon vœu d'obéissance, je garderai aussi celui de pauvreté, car je m'abandonne dans les mains de mes supérieures, sans inquiétudes; j'attends seulement d'être commandée, mais la supérieure a beaucoup de problèmes à peser, elle dort mal, car elle pense à ce qu'elle doit faire, afin que ses filles puissent progresser. Notre devoir est donc de l'aider, en obéissant à ses ordres. […] Le Cœur de Jésus, quand il apparut à Sainte Marguerite-Marie, lui disait : "Les consacrées qui se révoltent contre leurs supérieures, qu'elles se considèrent comme vase de rebut. Ces gens je les rejette de mon cœur dans la mesure où ils essaient de m'approcher dans les sacrements, la prière, ou d'autres travaux, mais sans obéissance; dans la même mesure, je les fuis, car ils m'écœurent. Ils iront ainsi d'une fournaise (feu) dans une autre. En effet, la révolte en a perdu beaucoup et perdra davantage, parce que la supérieure est ma bergère (mon chef de caravane), qu'elle soit bonne ou mauvaise. Et l'inférieure qui la combat se fait des blessures à l'âme, dans la mesure même de sa lutte. Et à la fin, cela ne servira à rien qu'elle vienne pleurer à la porte de ma miséricorde, je ne l'écouterai pas. Car seulement lorsqu'elle commence à obéir, alors Jésus lui pardonnera." […] Souvent celle à laquelle on refuse une permission, c'est surtout celle à qui la supérieure ne veut pas faire manquer l'occasion de la grâce, pour qu'elle se souvienne des choses d'en haut. Celle par contre à qui l'on accorde souvent de permissions, parce qu'elle ne comprend pas, ne doit-elle pas être triste, chaque fois que la supérieure acquiesce ? Et lors d’une récollection du 16 mai 1964, elle écrit : Résolution : obéissance toujours. La sainteté des enfants est l'obéissance !
Vite elle dénichera ce qui fait obstacle à l’obéissance. C’est l’orgueil. Elle a écrit : L'orgueil est le grand obstacle à l'union avec Jésus. Si nous voulons obéir, par amour de Dieu, il faut que notre obéissance se fasse dans un esprit de foi. Si les supérieures nous louent pour les biens que nous avons faits, disons dans notre cœur "merci, Seigneur, car tu m'as aidée; pardon, Seigneur, pour ma pauvreté". Si elles ne nous louent pas ou nous grondent, disons "Patientons calmement pour plaire à Dieu". Jésus veut que je lui donne la clé de mon cœur, cette clé c'est ma (libre) volonté. Jésus disait à Ste Gertrude : "Je prends plaisir dans les cœurs qui me sont vraiment donnés, par une vraie obéissance."
Tout en reconnaissant la faiblesse humaine de ses supérieures, elle déclarait :Ainsi Jésus parvient à faire dans les âmes tout ce qui lui plaît. Les supérieures ont leurs défauts, nous aurons des mérites si nous leur obéissons sans regarder leurs défauts. Elles ne nous connaissent qu'à l'heure du travail. C'est comme les gens mariés : le mari ne connaît sa femme que quand elle travaille et quand il a faim. Mais s'il acquiert des biens, il les met dans sa poche, sans penser à son épouse. C'est comme cela avec moi : j'essaierai d'accepter pour ne plaire qu'à Jésus seul !
Toute tournée vers une force transcendante, elle n’a jamais compté sur sa force. Elle méditait en écrivant : Ne t'inquiéter de rien. Savoir d'abord ce que Dieu veut de moi quand il m'ordonne quelque chose. Si je cherche ma joie en dehors de Jésus, sache clairement, mon âme, que tu ne peux trouver consolation. "Jésus, donne-moi un esprit de prière et de fidélité, pour garder mes règles. Donne-moi la force, que je ne me fie pas à moi-même en disant : il n'y a pas de danger. Vierge prudente, que je sois prudente." Si je veux être une bonne fille, il me faut aimer la maman de mon Bien Aimé Jésus, c'est à dire Marie. 
J'accepterai (j'obéirai) tout ce qui m'arrive, parce que c'est la volonté de Dieu. Pourquoi suis-je venue ici, pour suivre qui ? Les autres ? Les supérieures ? Les miens ? Les enfants ? Tous les hommes ? Pas du tout. Ne suis-je pas venue pour un seul Bien Aimé Jésus ! "Maman Marie, garde-moi, comme tu gardas mon homonyme Alphonse. Quand je faute, regarde-moi de ton regard maternel, afin que je puisse venir à toi (te rejoindre). Jésus, Marie, Joseph, gardez-moi. Pour elle, l’orgueil est un poison pour la vie chrétienne, surtout pour la vie consacrée : Si les supérieures te font des reproches ou t'humilient, tu cherches à te défendre, ce qui veut dire : tu n'as pas encore l'humilité.
Le remède à cet orgueil est la confession. Elle déclare sous forme d’une prière intime : Seigneur, me voici malade d'esprit; Seigneur, je suis venue ici chercher remède, afin de guérir, c'est à dire d'arriver au ciel. Seigneur, donne-moi la force de ne plus tomber dans mon état malade, c'est à dire de ne plus retourner une nouvelle fois en arrière, vers le monde. Telle goutte de sang ne fut-elle pas versée pour moi ? Ainsi que pour les hommes noirs ? Réponds-moi. Jésus, Marie, Joseph, je me mets dans vos mains.
Jésus jette les yeux sur le pécheur, il le pénètre intimement, afin qu'il se convertisse. Si tu pleures les péchés des autres, Dieu aura aussi pitié de toi. La confession : il ne faut pas cacher ses péchés; si tu en avoues un grand, ne pense pas que tu seras méprisée, non, le prêtre aura du respect pour toi. À cause de ta loyauté (ou innocence : unyafu), Dieu ne veut pas la mort du pécheur. Il faut commencer (par confesser) la grande faute, la petite passe comme cela. Avouer tous ses péchés, sans rien cacher, avec une grande humilité. 
Avant d'accepter la tentation, penser : Dieu est là et il voit tout de moi. N'ayons pas honte qu'un tel prêtre me connaisse : "Si je lui avoue tout, il s'étonnera peut-être et me méprisera." Pas du tout, celui qui confesse ses péchés, même s'ils sont grands, sans honte, est un héros ! Pourquoi ne nous réjouissons-nous pas, quand nous partons nous confesser pour purifier nos âmes ?
Je regretterai toutes mes fautes : les avouer et les avouer toutes, sans rien cacher, car Dieu ne veut pas la mort du pécheur. La créature de Dieu ne peut exister, ni faire quelque chose (sans Dieu). Bon Seigneur Jésus, je demande pardon pour toutes les fois où j'ai fauté, en perdant vainement mon temps, au lieu de te suivre toi, à cause de qui je suis venue ici. Marie, ma maman, donne-moi la force de tenir. St joseph, garde-moi, afin que je ne tombe plus. Depuis aujourd'hui, avec l'aide de ton secours, je ne veux plus t'offenser. Sois-toi-même ma force, mon bouclier, mon appui."
Si je me présente devant Dieu aujourd'hui, aujourd'hui, il me demandera quel effort j'ai fait. "Bref, Seigneur, je veux être zélée pour réparer le temps perdu, que j'ai employé vainement. Aide-moi".


Anuarite et la pauvreté

Anuarite a vécu réellement l’exigence de Matthieu 5. Généralement l’entrée au couvent donne l’impression de tout abandonner pour ne suivre que le Christ. N’est-il pas écris qu’il faut tout quitter pour suivre Jésus ? C’est ainsi que le cœur qui perd le sens de la pauvreté se croira égarer dans une vie qui ne garantit pas l’avenir matériel. Et comme remède il faut quitter. Il semble que Anuarite a eu aussi cette tentation de quitter le couvent pour retourner dans le monde. En témoigne cette note datée du 27 juillet 1963. Mais elle n’est pas restée dans cette idée. Voici ce qu’elle écrivit :
Jésus nous dira un jour : "Tu as eu beaucoup de temps pour les autres, amis pour moi, tu n'avais pas de temps (à perdre), c'est à dire tu raccourcissais la prière ou tu la faisais à moitié". L'exemple de la chèvre du frère Célestin : une chèvre enfermée voit toutes sortes de choses comme (dans) une casserole : "si je pouvais sortir, j'aurais tout de suite à manger". Elle pense qu'il y a de la nourriture à l'intérieur. Eh bien quand elle sort et regarde dans la casserole, il n'y a rien dedans ! C'est comme cela avec nous religieuses. Nous pensons : "Quand je serai sortie d'ici, j'aurais des choses !" C'est ainsi et ainsi qu'elle s'imagine toute sorte de choses ! Et après être sortie, il n'y a rien.
Ô Jésus, donne-moi la grâce de mourir, ici-même, plutôt que de te quitter, pour retourner dans ce monde mauvais. Toi, tu ne peux me quitter, mais moi, oui, si je commence par te quitter, moi-même.
Le 26 juillet 1964, lors d'une récollection sur le thème de la vie consacrée, elle écrit : Jésus aime beaucoup les consacrées. Il dit : "Restez dans mon amour, pas pour un jour, mais pour l'éternité." Il aime s'unir à nous comme un époux à son épouse. Ne nous plaignons pas à cause du travail. Nous sommes venues ici pour nous sanctifier. Cela est le but de toute famille religieuse. Le premier travail des religieuses est de se sanctifier. Notre vocation est une chose unique : au service de Dieu seul, non pas des hommes ! Consacrée, moi pauvresse, pécheresse, j'ai été choisie par Dieu pour être sa séparée. 
Notre vocation, c'est l'amour, servir Dieu. Le Seigneur Jésus, quand il nous a appelées, nous demanda le sacrifice : le sacrifice des choses du monde, le sacrifice de l'amour humain, le sacrifice de notre personne elle-même. Celles qui cherchent d'autres choses, qu'elles sachent qu'elles ne servent pas le Seigneur Jésus. "Que celui qui m'aime garde ma parole."
Ce cœur de pauvre d’Anuarite s’est manifesté encore beaucoup mieux dans le service qu’elle devrait accomplir au couvent surtout comme sacristine, à l’école et voire pendant le voyage vers son martyre à Isiro. Toujours avec comme devise : Servir et faire plaisir. 
La Soeur Christiane Bombogoni témoigne à ce sujet :"Lorsque j'entrai à la Jamaa, la martyre était novice, on a vécu assez de temps ensuite à la Maison Nazareth (la résidence des professes de la Jamaa à Bafwabaka). Je me rappelle que Clémentine se fâchait facilement, mais ensuite s'apaisait et faisait la paix très vite. Lorsque le soir on oubliait le linge dehors ou sur l'herbe, elle se fâchait, mais allait elle-même pour tout ramasser. Elle souffrait de maux de tête assez fréquents, mais n'allait au lit que lorsque le mal était insupportable. Même malade, elle allait toujours chez les petites filles de l'internat, elle les surveillait et les soignait dans leurs maladies. Elle était très serviable et allait à la cuisine pour aider même quand ce n'était pas son tour. Lorsqu'elle voyait une religieuse préoccupée, elle venait la conseiller et parfois aussi la gronder, mais très aimablement; lorsqu'elle voyait les enfants têtus ou arriérés, elle venait les aider. Lorsqu'elle voyait la nécessité, elle conseillait aussi les supérieures "à sa manière" : elle pouvait demander la permission de les conseiller, et une fois celle-ci obtenue, elle parlait sans gêne. Dans la cuisine, elle préparait presque toujours la compote et le dessert. Outre les bonbons "ya kalanga", elle préparait très bien l'avocat rouge comme boisson; elle faisait bouillir les fruits et les conservait pendant quelques jours, le tout fermentait et devenait une sorte de vin qui nous plaisait beaucoup."
ANUARITE et la chasteté
Anuarite est morte par fidélité à ses vœux. Surtout celui de la chasteté. Sur une page de son carnet, on trouve cette phrase, datée par elle-même du 30 novembre 1964 : "Notre témoignage de pureté de cœur avec Bwana Patris"  Sr M-Clémentine. Qu’il plaise à cet auditoire de vous relater le petit récit de son martyr. Ceci nous montre combien grand est le cœur de celle qui s’est donnée toute entière au Seigneur.
C’est à 18h que les sœurs sont Arrivées à Isiro. Accueillies dans une villa prise par Yuma Deo accompagné de colonel OLOMBE.C’est par des chansons obscènes qu’elles étaient toujours entourées. Suivons à présent la suite par le témoignage d’une des consoeurs d’Anuarite.
 La Supérieure Générale, Mère Léontine Kasima, demanda aux rebelles de nous emmener à la Procure, pour que nous ayons un logement et que nous puissions nous préparer à manger. Les rebelles refusèrent. Comme la Mère insistait, ils nous transportèrent en camionnette à la Maison Bleue, en trois trajets. Cette Maison Bleue était une villa appartenant à un planteur belge, M. Bonte. Les rebelles voulaient que Sr Anuarite reste à la maison de Yuma Deo, mais la Supérieure Générale, ne voulant pas laisser Anuarite seule, demeura avec elle. Ngalo demanda à la Supérieure de lui accorder Anuarite, car il était amoureux d'elle. Mais la Supérieure lui répondit : "Non, je ne peux pas vous l'accorder en mariage, je la garde pour Dieu. Nous avons prononcé les vœux de pauvreté, obéissance et chasteté". Les rebelles décidèrent alors de tuer la Mère en la mettant dans un sac et en la jetant dans la rivière Nava. Mais Anuarite leur dit : "S'il s'agit de mourir, tuez-moi moi-même, et non la maman. Pour garder ma chasteté, je veux bien mourir". Alors les rebelles mirent la Supérieure dans la douche, gardée par un militaire. Pendant ce temps, trois militaires voulurent faire entrer de force Anuarite dans la chambre de Ngalo, mais en vain. Ils l'injuriaient, lui enlevèrent son voile et le jetèrent à terre.
La communauté, qui était à la Maison Bleue, refusa de manger tant que les deux Sœurs ne seraient pas de retour. Alors Olombe prit avec lui les Srs Marie-Hélène et Lucie et partit chercher la Sr Anuarite. En cours de route, Olombe dit à Sr Marie-Hélène : "Toi, tu seras ma femme, et l'autre sera la femme du chauffeur". Sr Marie-Hélène répondit : "Laissez tomber cette histoire de mariage et allons chercher nos sœurs". En arrivant à la maison Bambule, Olombe tenta de faire entrer Sr Marie-Hélène dans une chambre, mais comme il n'y avait pas de clé, celle-ci sortit et rejoignit Anuarite. Olombe dit : "Allons rejoindre les autres". Anuarite demanda qu'on lui remette son voile, et les quatre Sœurs, avec Olombe et le chauffeur, retournèrent à la Maison Bleue.
Là, nous avons soupé, mais Anuarite n'avait pas d'appétit, la Sr Xavéria l'obligea à manger un peu. Anuarite dit aux Sœurs qui l'interrogeaient sur ce qui s'était passé : "Les rebelles voulaient nous prendre pour femme, mais nous avons refusé. Que personne n'accepte !" Alors nous avons eu peur et nous nous sommes cachées sous les tables. Anuarite demanda à la Supérieure l'autorisation de s'enfuir chez son papa qui habitait Isiro. La Supérieure refusa, à cause de la présence des militaires partout dans la ville. Anuarite dit : "J'ai peur, priez pour moi". Les Sœurs ont entouré Anuarite pour l'encourager. Olombe voulait faire boire les Sœurs, mais elles refusèrent et partirent dans d'autres chambres. Seuls Olombe, Anuarite et la Supérieure restèrent dans la grande salle. Après des paroles de menace, Olombe dit à la Supérieure : "Accordez-moi les femmes que je vous ai demandées". Celle-ci répondit : "Même si vous me tuez, les religieuses n'accèderont pas à votre demande". À ce moment, Anuarite se leva, frappa sur la table et dit : "S'il s'agit de mourir, tuez-moi maintenant, ici-même. Je ne veux pas commettre le péché. Tuez-moi ici."
Olombe poussa Anuarite à l'extérieur et fit sortir aussi la Sr Jean-Baptiste. Il tenta de les faire entrer par force dans le véhicule; mais tandis qu'il revenait à l'intérieur chercher les clés, les Sœurs sortirent à nouveau du véhicule. Olombe frappa la Sr Jean-Baptiste avec la crosse de son fusil, et lui fractura le bras droit en trois endroits. La Sœur tomba évanouie. La Supérieure tenta de s'interposer, mais fut frappée à son tour et tomba par terre. Olombe se mit à frapper la Sr Anuarite, toujours avec la crosse du fusil, en plein front. Anuarite s'écria : "C'est ainsi que j'ai voulu. Frappez ! Jésus seul !" Olombe la frappa encore plus sauvagement jusqu’à elle tomba à son tour. Anuarite lui dit à haute voix : "Je vous pardonne parce que vous ne savez pas ce que vous faites.". Olombe appela deux gardes du corps à son secours. L'un d'eux avait un long couteau, une baïonnette. Olombe lui ordonna de frapper Anuarite au flanc en disant que elle voulait le tuer. Le soldat la transperça plusieurs fois, et Anuarite continuait à dire : "Hou ! Hou ! Jésus seul ! Jésus seul !" Pour l'achever, Olombe prit son révolver et tira sur elle; il l'atteignit au bras gauche et lui broya l'humérus.
Olombe entra dans la maison ivre de colère et nous dit : "Je l'ai tuée, comme elle l'a voulu. Venez chercher son corps". Quatre Sœurs sont sorties : Sr Kasima, Sr Xavéria, Sr Cécile et Sr Esther. Elles transportèrent la Sr Anuarite qui était dans le coma. Elles l'emmenèrent dans la chambre qu'on appelle aujourd'hui l'oratoire. C'est là qu'elle rendit son âme à Dieu. C'était le 1er décembre 1964, à 1h05 du matin.
EN CONCLUSION
Vous l’avez bien saisi que Anuarite est un modèle de vertus évangéliques. Elle a su combiner les trois vertus pour être utile à Dieu. Elle a laissé un témoignage pour les vivants. Selon le témoignage, elle n’était pas trop brillante à l’école. Ses compagnes d'étude reconnaissent qu'Anuarite n'avait pas une intelligence extraordinaire, mais qu'elle faisait tout son possible pour répondre à l'attente de ses parents et des Sœurs qui dirigeaient l'école de la Mission de Wamba où elle faisait ses études primaires. Écoutez le témoignage de Sr Marie-Berthe Leclercq :
De fait, Anuarite n'était pas spécialement brillante, et ses rendements à l'école était très moyens; mais elle brillait par ses qualités : sa bonne humeur habituelle, sa serviabilité, sa simplicité et sa vivacité.  

La fille de la Ste Vierge Marie
Nous, ses consœurs, témoignons avec fermeté que la Sr Anuarite avait une grande dévotion à la Vierge Marie. Pendant la rébellion qui l'emmena à la mort, elle nous invitait à aller prier le chapelet à la grotte de Lourdes de Bafwabaka. Son chant préféré, qu'elle chantait très souvent, était : "Ee Maria, mama wa Mungu".
La Sr Silvana Clerici (Missionnaire Combonienne), infirmière à l'hôpital de Wamba, témoigne de l'attachement d'Anuarite à la Mère du Sauveur :
"La Sr Anuarite aimait beaucoup la Ste Vierge Marie. Nous avions reçu des statuettes de la Vierge, d'une dizaine de centimètres, en provenance d'Italie; comme je savais qu'Anuarite aimait beaucoup Marie, je lui ai donné une de ces statuettes. Je ne peux pas oublier ses yeux brillants de joie, de respect et de politesse quand elle a reçu la statuette dans ses mains. Elle s'est tenue debout en silence, s'exclamant joyeusement : 'ô ! Quelle très belle Vierge !'. Elle posa la statuette sur son cœur et la contempla longuement. Au moment de se séparer, elle nous remercia grandement et nous promit de toujours garder cette statuette précieusement, en disant : 'Je la garderai toujours avec moi !'. De fait, pendant leur voyage à Isiro avec les Simba, ses consœurs savaient qu'Anuarite avait emmené avec elle, dans la poche de son jupon, sa belle "statuette de la Vierge". Elle la garda toujours dans sa poche, même lorsque, à Vube, les Simba eurent arraché les chapelets et autres objets pieux aux Sœurs en les menaçant de mort."
Ainsi, lorsqu'Anuarite est morte, ses consœurs l'ont enveloppée avec sa petite statuette, et c'est avec elle qu'elle fut enterrée. C'est cette même statuette qui permettra l'authentification du corps de la Sr Anuarite lors de la première exhumation, le 16 juillet 1965, au cimetière de Dingilipi, à Isiro.
PST


 

ANUARITE ET L’ACTUALITE
Marie-Clémentine Anuarite Nengapeta dite aussi Anuarite du Zaïre ou Sœur Clémentine Anuarite (ou encore Anoalite en lingala), née en 1939 et morte (assassinée) en 1964, est une religieuse congolaise des sœurs de la Sainte-Famille. Elle est morte 'martyre de la pureté'.
Biographie
Née dans une famille de tradition animiste, Alphonsine Nengapeta est baptisée à l'âge de deux ans en même temps que sa mère. Malgré l'opposition de celle-ci, elle entre à seize ans dans la Congrégation zaïroise des Sœurs de la Sainte-Famille ; elle fait sa profession religieuse sous le nom de sœur Marie-Clémentine.
Après avoir enseigné aux petits enfants, elle est élève à l'École normale lorsqu'éclate la rébellion Simba ("Lions") contre le gouvernement. Des rebelles se saisissent d'elle et des autres religieuses. Leur chef veut abuser d'elle; exaspéré par son refus et sa résistance, il lui transperce le cœur de sa lance. Sœur Anuarite pardonne à son assassin avant de mourir.
Béatification et fête
Sœur Marie-Clémentine a été béatifiée par le pape Jean-Paul II le 15 août 1985 lors de son voyage au Zaïre. À cette occasion, elle a été déclarée martyre de la pureté, et le pape s'est associé au nom de l'Église au pardon accordé au meurtrier par la sœur : l'assassin était présent dans la foule. Liturgiquement, l'Église catholique la commémore le 1er décembre.

 

 

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