google.com, pub-4611656155510097 , DIRECT, f08c47fec0942fa0 MESSE CHRISMALE 2018

MESSE CHRISMALE 2018

"J'ai tellement désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir" 

                                                (Lc 22,15)

La messe chrismale a lieu à la Cathédrale Notre Dame du Congo ce mercredi le 28 mars 2018 Durant la messe chrismale, le Cardinal L.Monsengwo Pasinya et les évêques auxiliaires on bénit les autres huiles saintes et consacre de l’Archidiocèse de Kinshasa le Saint Chrême. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques puis tout au long de l’année pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l’ordre.

 

Au cours de cette messe qui manifeste l’unité de toute l’Église diocésaine autour des évêques, les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales : vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, célébrer les sacrements, annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité.

 

 

Homélie du Cardinal L. Monsengwo Pasinya

Cathédrale Notre Dame du Congo

Mercredi 28.03.2018

 

Chers frère prêtres.

 

1. Lorsque, à la dernière Cène, jésus se mit à table

Avec ses apôtres, « j’ai tellement désiré manger

Cette pâque avec vous avant de souffrir » (Lc 22,1).

 

2. La circonstance grave et unique dans laquelle

Furent prononcées ces paroles, nous donne matière

A réfléchir et à méditer. Cette circonstance,

C’est l’immense de l’institution par le Seigneur

Des sacrements de l’Eucharistie et du sacerdoce.

S’il a tant désiré manger cette Pâque avec ses apôtres,

c’est à cause du geste qu’il s’apprête à accomplir En effet,

ce qu’il va faire différencie essentiellement la dernière

Cène de toutes les autre Cènes ou, à la manière de tous

les Israélites, Jésus mangeait l’agneau pascal avec ses disciples (cf. Ex 12)

 

3. La dernière Cène est différente des autres, d’abord du fait de l’institution des deux sacrements ; ensuite parce qu’elle a un lien intrinsèque avec la passion, la mort et la résurrection du Christ : « j’ai désiré…, dit-il, avant de souffrir » (Lc 22,15). Enfin les autre repas pascals étaient tournés vers le passé, la dernière Cène était axée sur l’avenir. Eucharistie et sacerdoce sont des Sacrement d’avenir : ils sont un fondement d’espérance, une certitude de l’avenir. Eucharistie et sacerdoce portent l’avenir de l’humanité, en annonçant la passion et la victoire du christ sur la mort : « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Co 11,20). Eucharistie et sacerdoce donnent un sens à la souffrance humaine et annoncent que la souffrance et la mort n’auront pas le dernier mot dans la vie de l’homme. Elles ne seront pas la réalité finale et ultime.

Eucharistie et sacerdoce sous-tendent l’eschatologie finale et future. Eucharistie et sacerdoce sont tellement liés l’un et l’autre qu’ils s’appellent mutuellement : pas d’Eucharistie sans sacerdoce ni de sacerdoce néotestamentaire sans Eucharistie. Dans les deux sacrements institués à la dernière Cène, passé, souvenir (mémorial), présent et futur se rencontre et se rejoignent.

 

4. « J’ai tellement désiré … », dit Jésus. Cet ardent désir du Christ pour le repas pascal, n’est-ce pas que ressent chaque jeune prêtre (néomyste) le jour de son ordination sacerdotale et de ses prémices : désir ardent de « faire l’Eucharistie » lorsque après tant d’années d’attente et de préparation s’accomplit enfin la configuration au Christ prêtre : « Ceci est mon corps…Ceci est mon sang » (Mc 14,22-24). N’est-ce pas ce que nous avons tous ressenti ce jour-là ? Cette tension vers l’Eucharistie accompagne le prêtre d’année en année, d’un anniversaire à un autre de son ordination. Elle est soutenue par chacune des Eucharisties que le prêtre célèbre. Elle constitue comme une passion dans la vie et la spiritualité du prêtre. Elle donne une cohérence à sa vie et à son ministère : le prêtre est l’homme de l’Eucharistie …

 

5. J’ai ardemment désiré …, tél est aussi le sentiment normal des prêtres autour de leur évêque à l’occasion de la messe chrismale : désir ardent de « faire ensemble eucharistie et de témoigner du sacerdoce » autour de l’évêque, principe visible de l’unité de l’Eglise particulière. La messe chrismale nous offre l’occasion de vivre la fraternité sacerdotale, dans ce qui fait notre unité  la plus profonde et qui est la source de cette unité la plus profond et qui est la source de cette unité : Le Corp et le  sang du Seigneur ; «car nous participons à cet unique pain »(1 Co 10,17).  

 

6. La messe chrismale nous rappelle que  notre vie est axée et tendue vers l’Eucharistie, faite à l’autel et continuée dans le ministère ; une vie qui est le signe et le symbole de l’Eucharistie, sacrement d’amour total, de  vie donnée, d’unité et de rassemblement, de paix et de réconciliation : « Ceci est mon Corp donné pour vous » (Lc 22,19).

 

7. La messe chrismale nous rappelle aussi que notre être sacerdotal est symbole d’alliance éternelle entre Dieu et son peuple. Il signifie que jésus, le pasteur éternel n’abandonnera jamais son peuple : Cette Alliance en mon  sang versé pour vous »(Lc 22,20).

 

8. «  J’ai ardemment désiré …avant de souffrir ». L’Eucharistie et le sacerdoce précèdent la passion, parce que l’Eucharistie signifie la passion et la rend  sacramentellement présente dans le temps et dans  l’espace.

 

De ce fait l’Eucharistie porte la souffrance de l’humanité sur l’autel pour que le Christ, prêtre et victime, l’associe à sa propre passion, mort et résurrection. « J’ai ardemment désiré… ».

 

9.Chers frères prêtres, trouve-t-on encore en nous la « passion de l’Eucharistie » du jour de notre ordination et  nos prémices sacerdotales ? Aurions-nous banalisé nos célébration eucharistiques, par l’accoutumance, l’effritement de notre foi ou par l’infidélité à nos engagement ?

-nous encore tous les jours du désir de célébrer l’Eucharistie, afin d’actualiser notre configuration au Christ et notre identification sacramentelle avec lui ?Brûlons

 

10.Eucharistie et sacerdoce sont des sacrements d’Esperance : ils « font » le Calvaire en même temps qu’ils le transcendent. Notre vie sacrementale provoque-t-elle en nos fidèles et dans l’Eglise un sentiment d’espérance et de confiance dans l’avenir ou plutôt des inquiétudes et un désespoir ?

 

11. Eucharistie et sacerdoce sont des sacrements d’avenir : ils annoncent l’« après-Jésus », lorsqu’il sera retourné « dans le sein du Père » (Jn 1,18). Voilà pourquoi nous devons être des « prêtres  d’avenir »,fermement établis dans la Tradition universelle de l’Eglise, mais osant des sentiers nouveaux ;évitant autant une  nostalgie morbide du passé qu’une témérité peu inspirée et frisant l’anarchie ; prêtre  d’avenir, rigoureux dans les problématiques et dans l’approche méthodologique, mais non pas rigides et bornés ; prêtre d’avenir, nullement inquiets mais  en tout ouverts à l’Esprit de Dieu qui «conduit l’Eglise dans la vérité tout entière »(Jn 16,14).

 

12. Puisse le Seigneur nous faire la grâce de toujours tant désirer avoir part à la « double table du pain et de la parole », que nous puissions un jour participer au festin messianique dans la gloire du Ciel (cf. Mt 8,11).

 

Amen

L.Card.MONSENGWO PASINYA

Archevêque de Kinshasa

28.03.2018

 

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